Donc, rapidement, je trouve mes repères et je définis mon rôle: je suis officiellement un papa ours - clown - général.
la chronique
de papa
Par Sébastien Pelletier
Bleu ou rose ? Mmm... vert ? Ce sera vert. Une chambre de bébé verte, prête à recevoir une fille ou un garçon qui n’a toujours pas de nom. Je l’aime déjà ce bébé-là, et je fais d’ailleurs tout ce qu’il faut pour assurer son futur confort. Une nouvelle chambre ? Pas de problème. Comme un bon contremaître, je me fais un devoir de raconter au bébé chaque étape de la construction de son royaume. Aujourd’hui, après un compte rendu de la discussion sur le choix de la table à langer, j’ai expliqué au bedon de maman et à son locataire que j’ai trouvé LA poussette idéale. Je suis certain que ça l’intéresse : après tout, je l’ai magasinée comme s’il s’agissait de sa première auto. Donc, le carrosse et le château sont prêts... et nous, aussi prêts que possible. Ça y est, pouf, il est arrivé ! Bon, ce n’a quand même pas été aussi simple que ça, mais il est là. Un beau bébé qui sent le bébé neuf ! Dès la première nuit à l’hôpital, mon garçon, gros dormeur comme son papa, s’endort sur moi. Beau portrait : papa sur son ridicule fauteuil/lit d’hôpital dort la bouche ouverte avec son bébé qui lui ressemble un peu trop et qui lui aussi, dort la bouche ouverte. On quitte l’hôpital, j’attache fiston dans son nouveau siège de bébé et je roule à 3 km/h jusqu’à la maison. Ça y est, ma nouvelle vie commence. Après tout, qui dit bébé neuf, dit papa neuf. Un papa neuf peut-être, mais un papa qui a fait ses devoirs. Après avoir parcouru internet et feuilleté un paquet de livres et d’articles sur la paternité, je me suis en quelque sorte fabriqué un petit mode d’emploi pour nouveau papa : un heureux mélange de savoir et de science, accompagné d’une bonne dose d’instinct et de souvenirs d’une enfance heureuse. Voilà, vous connaissez ma recette.
Je suis un ours
qui rassure par sa présence, qui chasse tous les jours à l’épicerie, et qui s’assure que la famille ne manque de rien. Grrr. Je suis aussi un ours qui adore prendre son bébé pour le tenir au chaud, même si j’ai toujours l’impression que c’est lui, tout chaud, collé sur mon torse, qui me réchauffe.
Je suis un clown qui rivalise d’ingéniosité et de dextérité faciale pour inventer des grimaces et des sons pour faire rigoler, ou au minimum réagir, le petit morceau de bonhomme en face de moi. Je le vois, assis bien mou sur moi, qui me regarde et semble se dire : « Lui, il est bizarre, mais je l’aime bien!»
Je suis un général, un amiral, un capitaine, qui, avec maman, s’occupe de la routine, du boire, du bain, du dodo, etc. Ah ! la routine ! L’ennemie de l’ado et la meilleure amie du parent. Ce n’est jamais amusant de se lever en pleine nuit pour changer une couche, mais c’est plus facile quand tu sais que ça fait une différence, que bébé est content et que maman dort d’un sommeil profond – son ronflement subtil le confirme – et bien mérité. Parfois, c’est en marchant de long en large pour endormir son bébé que l’on comprend vraiment son rôle et son importance dans cette toute nouvelle famille. Et ça, c’est énorme! Avec le temps qui passe et bébé qui grandit, l’ours réconforte encore, mais il est maintenant spécialiste des chutes en vélo et autres cascades du genre et le clown a conquis son public, qui lui-même montre un bon potentiel pour faire le clown. Le général, lui, s’occupe des parties de soccer, des cours de tennis et des boires/bains/dodos de bébé n° 2. Mais ça, c’est une autre histoire.
Bref, heureusement,
plus ça change,
plus c’est pareil.
Donc, rapidement, je trouve mes repères et je définis mon rôle: je suis officiellement un papa ours - clown - général.
Donc, rapidement, je trouve mes repères et je définis mon rôle: je suis officiellement un papa ours - clown - général.